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Intrigante, cette question qui procède d’une nostalgie que personne ne parvient à définir, alimentant un flux incessant d’interrogations qui frisent même parfois à la mélancolie, à un sentiment diffus de perte, de privation allez, osons les mots… Si ce n’est même de… confiscation ?
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Location : Dans les studios de Webcastory
Format : Chronicle
Treatment : Tendancies
Webcast
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Speakers (1)
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Intrigante, cette question qui procède d’une nostalgie que personne ne parvient à définir, alimentant un flux incessant d’interrogations qui frisent même parfois à la mélancolie, à un sentiment diffus de perte, de privation allez, osons les mots…

Si ce n’est même de… confiscation ?

Related expertises:  créativité

Pourquoi ce sujet réapparaît-il invariablement, tel un marronnier médiatique capable d’alimenter une sensation complaisante d’insatisfaction quant à tout ce qui succède à cet esprit désormais anesthésié ? 

Est-ce notre tendance à savourer les doléances, à maugréer un sempiternel « c’était mieux avant » ? 

Est-ce au contraire un élan d’indignation relevant de ce qui lui sert précisément de moteur, à cette indignation, je veux dire bien sûr : la conscience morale ?

Entre les considérations sur le génie d’Alain de Greffe, la vision de Pierre Lescure et l’ancrage de talents aussi exceptionnels qu’improbables, sur la déconnade subversive, sur la créativité, la liberté, la modernité : personne ne me semble vraiment réussir à synthétiser une bonne fois pour toutes ce qui peut définir ce fameux esprit. 

Si on en était capable : il est évident qu’on se saisirait de cette recette pour recréer Canal, et il y aurait de facto une audience pour motiver une refondation… 

L’esprit Canal n’est pas un mythe : sinon, il ne cristallisera pas tant de fascination. Il est donc bien réel. Mais ne dit-on pas d’une réalité qu’elle est une aventure d’ordre divin quand elle cède au rang de mythe ?  

Lorsqu’on questionne cette notion de mythe, on oublie tout simplement qu’elle ne relève pas d’une abstraction gratuite, d’une vague sublimation rétrospective, mais tout simplement d’une forme de reconnaissance. 

Oui, mythifier l’esprit Canal c’est au fond, une manière tendre de dire MERCI.

Oui, il y avait une dimension divinement accomplie dans ce périple qui fut celui de conteurs, d’amuseurs, d’animateurs talentueux : je rappelle que Dionysos dans la mythologie grecque (ou Bacchus chez les Romains) était au travers de la vigne et de ses corollaires avinées, aussi le Dieu des excès, de la folie et de la démesure. Dionysos ancien : le « Feu divin ». 

 

Alors bien sûr un jour Dionysos s’est trouvé contre-carré par la comptabilité analytique, par d’intrigants recadrages stratégiques 

On a en effet tenté d’ISO-normer Dionosys et peut-être s’est-il senti à l’étroit.  

Dionosys s’est ainsi pris un contrôle de gestion dans la gueule.

 

Friedrich Nietzsche s'est adressé à plusieurs reprises à Dionysos, comme inspirateur de sa première oeuvre, La naissance de la tragédie...Or c'est bien de cela dont s'il s'agit pour notre génération : d'avoir vécu, ressenti, cette catharsis émotionnelle qui est celle du théâtre populaire vécu comme défouloir, comme catharsis de TOUTES nos émotions : n'était-ce d’ailleurs pas là pas le moteur de la subversion que de casser les codes, même le temps d’un spectacle? - On ne peut précisément pas contenir la catharsis émotionnelle qu’autorise un univers de liberté : c’est une contradiction dans les termes. 

 

Dès qu’on a voulu contrôler cet « esprit » en l’encourageant à l’excès, l’obligeant à s’auto-diagnostiquer pour rassurer les gestionnaires désireux d’en découvrir la formule reproductible : on a commencé à trop regarder la passé, et on a perdu le sens de l’explosion jubilatoire au présent. 

Ce type de liberté ne peut s’exercer en se regardant le nombril.

Elle s’épuise en essayant de s’imiter elle-même, elle galvaude sa propre magie lorsque dans une contention contre-productive, elle essaye de reproduire dans une « formule » sa propre magie improbable.

Elle ne s’est donc pas seulement endormie au contact des contrôleurs de gestion (bien qu’ils aient initié l’atrophie des talents, les rendant latents, dans le même processus consistant à les « manager »), mais elle fut paradoxalement contrecarrée par ceux-là même qui ont voulu la « canaliser » (c’est le cas de le dire) pour qu’elle puisse devenir à elle-même une sorte de norme factorisable…

 

On ne peut pas rentabiliser, viabiliser, industrialiser la magie - ni même le talent. Et c'est une bonne nouvelle, sinon ce serait une autre forme de "mécanique plaquée sur du vivant".

La catharsis qui nous était offerte là, pour nous offrir un exutoire, pour que nous puissions échapper à toutes les formes d'aliénation - brisant aussi bien les limites de l'humour que celle des bonnes mœurs sexuelles - cette catharsis meurt en s'évertuant à s’imiter elle-même.

Plus gênant encore : quand la magie devient culte, elle est encombrée par la prise de conscience de sa propre importance. Non loin du culte nostalgique, est embusqué le cul-cul-la-praline du Collector...

 

Voilà pourquoi ma propre indignation mélancolique, observant la mise sous tutelle d’un géant de la satire, de l’audace et de la subversion, est bel et bien faite aussi de conscience morale :

Parce que de l’excès de management, de cadre, de contrôle, procède une forme de cynisme, de bêtise obsessionnellement utilitariste.

Quand la demande de prévisibilité prend le pas sur l'offre d'inventivité, elle se mue invariablement en fossoyeur des bonnes volontés. À chaque fois qu’elle oriente et nourrit le pouvoir dans une organisation, quelle qu’elle soit, elle trivialise le génie, classe, catalogue et contrecarre l'inspiration.

La désuétude de l'esprit Canal ne devrait être considérée avec fatalisme : elle doit au contraire renseigner toutes celles et ceux qui épuisent la spontanéité du génie créatif à force de vouloir le modéliser.


Mais rien n’est jamais perdu : je rappelle aussi que Dionysos est le héros qui meurt et renaît… 

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  • Comment from Frédéric BASCUNANA: PS, pour info : je me suis retrouvé ce matin sur la "Midinale", très rafraîchissant concept de Éle Asu (elle-même chroniqueuse emblématique de CanalPlus), au milieu de ses autres collègues, présentateurs historiques et dépositaires de cet "esprit" dont nous regrettons tous qu'il ait été "canalisé" si j'ose dire (grand moment d'émotion) - et la magie de ClubHouse a encore frappé de par cette proximité... (ou « l’esprit de ClubHouse » justement ????) Parce qu'étaient présents pour intéragir super gentiment :Ariel WizmanJan DionnetPhilippe DanaÈdouard BraneLaurence R. Nguyen (elle c'est Radio Nova mais proche de Canal)(…) j'ai d'ailleurs déposé là ma chronique à moi sur cet esprit Canal, parce qu'ils m'ont inspiré ;)